Consommation Digitale –    29 novembre 2012

Ce sera donc une émission de radio. Une véritable émission de web radio,  » conso 2.0″ le 29 novembre à 15h30, en direct, réalisée par Moustic The Audio Agency, et animée par Louis Hamelin. On pourra poser des questions et réagir (hashtag : #consodigitale). Les invités justement, qui sont-ils ?Antonin LEONARD (PDG Ouishare), Louis-David BENYAYER (DG de Without Model), Olivier GREMILLON (PDG France de Air BNB), Christine BALAGUE (auteur et Présidente de Renaissance Numérique), Nathalie DAMERY (Directrice de l’Obsoco) et Christophe BENAVENT (Université paris Ouest) et pour écouter c’est ici :

Pour revenir au cœur du débat et le lancer – les raisons qui font de la consommation collaborative un possible nouveau modèle dans la distribution des biens et des services- le master MOI apportent quelques éléments provenant du travail de master de Vanessa Hatzakortzian . Dans ce travail – une enquête portant sur près de 200 personnes et 4 type de produits : CD/livres, logement, auto, et vêtements – deux questions simples. La première : ‘ êtes-vous prêt à partager les biens suivants », et la seconde : une batterie de question inspirée de Ritchin et Dawson(1992) et portant sur la croyance que les biens matériels apportent du bonheur, qu’elles sont importantes dans la vie et sont les signes du succès.

Quels résultats ? On peut les résumer en trois points :

  • L’intention de partage est extrêmement différente selon la nature des produit qui est la source de variance principale. S’il l’on a aucun souci à partager des livres ou CD, c’est plus difficile pour le logement. L’implication dans les catégories de produit ne joue pas. En termes socio-démographiques, il y a une nette rupture entre homme et homme qui prêtent plus, et sans doute un intérêt plus élevé vers les niveau d’éducation intermédiaire ( bac+3)…mais manifestement le statut social joue peu.
  • Si effectivement le matérialisme a un impact limité (l’intention de partage ne dépendrait pas de l’utopie communautaire), certains de ces éléments ont un impact significatif : la croyance que le succès se manifeste dans l’accumulation des bien est négativement corrélé à l’intention de partage. Plus on donne de valeur symbolisant le statut, et plus on souhaite les détenir.
  • L’ambiguïté de l’effet de la croyance que le matériel contribue au bonheur est intéressant. Ce sont ceux qui n’y croit pas et ceux qui y croit le plus qui sont prêt à partager. On pourrait interpréter ce résultat par un double argument : si le désintéressement matériel facilite le partage, l’idée que le matériel est un moyen d’obtenir la jouissance de la consommation peut inciter à partager, dans la mesure où le partage est un moyen alternatif d’accéder à cette jouissance.

Au travers de ces résultat s’esquissent ainsi une clé d’analyse, elle réside dans le rapport des consommateurs aux objets.

  • Quand les biens ne sont que les moyens de la jouissance, peu importe à qui il appartiennent (à soi, aux autres ou à la société), ce qui importe est qu’il produise les effets attendus au moindre coût. De ce point de vue l’hédonisme peut parfaitement s’accommoder de la socialisation des moyens de production de la consommation. Il n’est pas étonnant que livres et CD soient ce qu’on partage le plus aisément une fois consommé
  • Quand les biens sont investis d’une valeur symbolique qui manifeste le soi : son statut social, sa personnalité, son capital, on ne le partage pas. Il n’est pas étonnant que ce qu’on partage le moins – dans cette enquête- ce sont les vêtements et le logement.